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On pense à eux comme
l'on dit transgression.
Ce sont les excellents mauvais
élèves d'un
genre qui, déjà,
aime à jouer avec
le feu ; les inclassables
de génie ; ceux qui
tordent les règles
de la forme, qui explorent
des territoires nouveaux,
mélangent des influences
et introduisent l'insolite,
le fantastique ou le baroque
dans une littérature,
auberge espagnole du risque,
toute disposée à
les accueillir. Ils visitent
la folie, la dérision
et transforment les angles
noirs de la maison romanesque
toujours en chantier, en
univers particuliers. Ils
sont ces ovnis littéraires
de chair et d'esprit qui
nous font jubiler et passer
de l'autre côté
du miroir... |
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Chuck
PALAHNIUK
Survivant
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Si
l'on dit génial
et atypique en matière
de roman noir, on
peut répondre
Chuck Palahniuk et
ajouter sans hésiter
l'adjectif novateur.
Auteur de Fight
Club, adapté
au cinéma,
il récidive
avec Survivant
et le personnage
de Tender Branson.
Élevé
au cur du Nebraska
dans une secte d'allumés
dont il est l'unique
rescapé, formé
à l'« économie
domestique »
pour devenir un parfait
employé de
maison pour Américains
blancs fortunés,
Tender a détourné
un Boeing 747 mis
en pilotage automatique
à 13 000
mètres d'altitude.
Destination l'Australie
et le crash assuré.
Plus de sept heures
pour raconter à
la boîte noire
ses hallucinants secrets.
Et Tender les accumule.
Il est le dernier
de sa secte à
ne pas s'être
donné la mort
et à en connaître
les rouages. Il est
celui qui a croisé
le chemin de l'étrange
Fertilité Hollis
et est devenu grâce
à elle une
star surmédiatisée,
gonflée aux
stéroïdes
sur laquelle tombent
les contrats et s'acharnent
les producteurs. Il
est un produit, une
rente... Curieux destin
pour un jeune homme
isolé et qui
aidait la nuit par
téléphone,
du fond de sa solitude,
des gens à
se suicider... Un
monument imprévisible
et totalement inoubliable
: un sommet d'humour
sauvage et glacé
à l'image d'un
monde, le nôtre,
placé sous
l'il impitoyable
de cet écrivain
de fiction des plus
originaux du moment. |
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Russell
H. GREENAN
La
Reine d'Amérique
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Classique
du genre, considéré
par les amateurs comme
l'un des cent meilleurs
romans policiers du
siècle, La
Reine d'Amérique
de Russell H.
Greenan résulte
de la rencontre entre
Ignacio Jamais, quatorze
ans, responsable d'un
père aussi
fou que prétentieux
qui ne lui parle que
par interphone et
de Betsy March, seize
ans, arrivée
de Caliornie en moto,
couverte de neige
pour avoir traversé
les montagnes en plein
blizzard. On ne sait
rien d'elle et personne
n'a vu la baïonnette
cachée au fond
de son sac. Ignacio
avec son bon cur
l'invite chez une
amie. Lorsqu'il revient
quelques jours plus
tard, c'est pour retrouver
une scie sauteuse
couverte de sang...
Mélange d'horreur
et d'humour décalé,
de tension et de situations
banales, ce roman
préfigure sans
une ride les thrillers
fondés sur
les maladies psychotiques.
Betsy, dans son genre,
est un ange qu'il
faut mieux croiser
au détour d'un
livre plutôt
que dans la rue... |
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Michel
STEINER
Mainmorte
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Il
en faut sans doute
beaucoup pour faire
sortir un huissier
de ses gonds ou même
le faire craquer,
mais là, la
corporation à
de quoi s'inquiéter.
Cou farci, foie haché
et poivré,
poumons en ragoût,
bras gauche cuit en
croûte et pénis
généreusement
recouvert de caramel
ambré... feu
maître Lebuc,
héros bien
involontaire de Mainmorte,
est passé de
vie à trépas
dans les mains d'un
artiste. Cuisiné
par un grand chef
! Et retrouvé
dans ses appartements
le corps complètement
reconstitué,
le visage préparé
à la manière
d'une tête de
veau et le crâne
décalotté
laissant voir une
cervelle cuite au
beurre blanc... L'inspecteur
Lepintre, présent
dans le bâtiment,
goûte modérement
la plaisanterie. D'autant
qu'Olivier Sandrin,
journaliste au Matin
se voit choisi par
le meurtrier comme
récipendiaire
d'énigmes sibylines
toutes ou presque
ponctuées d'une
incroyable mise en
scène macabre...
De quoi ruminer et
mettre les bouchées
doubles. Surtout si
un inquiétant
joueur de pocker féru
de psychanalyse se
met dans la partie
et semble être
le seul à y
comprendre quelque
chose. Un polar épicé
de Michel Steiner
qui suit sa propre
recette. À
cuisiner chez soi.
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Jean-Bernard
POUY
Spinoza
encule Hegel |
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Spinoza
encule Hegel ne
pouvait être
écrit que par
Jean-Bernard Pouy.
C'est le deuxième
été
après «
le grand merdier ».
Des bandes futuristes
de néo-punks
et de bikers se réclamant
des plus grands philosophes
se massacrent pour
des femmes, de l'essence
et des principes nihilistes.
Ça saigne dans
le no man's land
qu'est devenu
le pays. Julius Puech,
dirigeant de la fraction
armée spinoziste
arbor un P 38
et des bottes de lézard
mauve. La Cinquième
Internationale est
là et le récit
complètement
déjanté...
Pouy, devenu depuis
une figure incontournable
du polar français,
a signé avec
ce premier roman une
satire féroce
de mai 68. Un petit
régal inclassable,
inégalé
et joyeusement libertaire. |
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