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Vous
avez passé
13 ans à
Londres, et
presque autant
en Afrique,
en Asie et en
Amérique
du Sud. Pourquoi
avoir choisi
Brixton ou Galway
pour vos romans
plutôt
que ces pays
que vous connaissez
bien ?
Je
suis Irlandais.
Jai
pensé
que ce serait
quelque chose
pour moi décrire
avec la série
des R&B
sur cette
police anglaise
qui me fascine
tant. Londres
est une ville
très
riche pour
le genre de
série
par épisodes
que jenvisageais.
Quant à
Galway, outre
le fait quil
y a très
peu de polars
irlandais,
jamais aucun
roman policier
navait
pris cette
ville pour
décor.
Jai
voulu vérifier
que jétais
capable, avec
Jack Taylor,
de décrire
ma ville que
je connais
si bien.
Ce
qui explique
les deux séries ?
La
série
des R&B
est un hommage
à Ed
McBain. Grâce
à elle,
nous sommes
devenus amis.
Ces romans
ont toujours
été
conçus,
comme disait
Greene, pour
être
légers
et distrayants.
La série
des Taylor
devait être
plus grave
et intense.
Son but est
de dénoncer
les scandales
de lÉglise,
de dresser
un tableau
de notre société
et de la collision
entre la vieille
Irlande et
notre pays
actuel, neuf
et riche.
Écrire
les R&B,
cest
de la joie
à létat
pur. Les Taylor
relèvent
davantage
de la torture.
Jack Taylor,
le privé
de Delirium
tremens,
est toujours
à la
limite de
lautodestruction.
Symbolise-t-il
votre perception
de lIrlande
?
Exactement,
chaque fois
que nous avons
limpression
dêtre
daplomb,
nous nous
effondrons.
Ce trait de
caractère
de Taylor
ma également
été
inspiré
par un grand
nombre de
mes proches
qui ont été
détruits
par les impulsions
qui simposent
à ce
personnage.
Jack
Taylor est
attaché
à Galway,
mais sen
va puis revient.
Vous-même
avez beaucoup
voyagé.
Cest
important
dêtre
de quelque
part ?
Cest
important
pour moi davoir
un point dattache,
ne serait-ce
que pour y
stocker mes
livres. Chacun
devrait avoir
un endroit
qui ressemble
à un
chez-soi,
où
lon
a un sentiment
de paix, dêtre
à sa
place. Jai
du sang tsigane.
Pour mon psychisme,
cela importe
de savoir
que je peux
men
aller nimporte
quand. Rien
ne mapporte
plus de sérénité
quun
billet davion
et lidée
du départ.
Dans
votre autre
série,
ce qui lie
les inspecteurs
Roberts et
Brant est
une agressivité
permanente.
Pourquoi ce
contrepoint ?
Cest
un truc de
macho. Ils
ne peuvent
admettre laffection
quils
éprouvent
lun
pour lautre
ou, pire,
quils
soient dépendants
lun
de lautre.
Alors ils
le dissimulent
derrière
lagressivité.
Cest
un trait commun
aux hommes
qui travaillent
ensemble en
grande proximité.
Jai
aussi pensé
que cela pourrait
être
excitant que
ces deux personnages
passent leur
temps à
se battre.
Vous
avez dit :
« Seule
une vision
honnête
des crimes
et des manquements
du passé
peut permettre
daller
de lavant. »
LIrlande
en aurait-elle
besoin ?
Désespérément.
Tant que les
secrets restent
enfouis, nous
nous cachons
derrière
eux sans pouvoir
avancer. Le
passé
ne nous lâchera
jamais à
moins que
nous ne laffrontions.
LÉglise
irlandaise
persiste dans
une attitude
arrogante
et se demande
ensuite pourquoi
les gens perdent
la foi.
«
Moi je
suis né
avec la rage
et depuis,
ça
ne fait quempirer. »
( Sergent
Brant)
« Jack
Taylor est
l'un des personnages
les plus forts
que le roman
noir nous
ait offert
depuis longtemps. »
(Paris-Match)
Les
autres titres
de Ken Bruen
sont à
découvrir
dans la Série
noire.
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