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Caryl FÉREY
« Je pense que l’immobilité rend sourd aux grands souffles qui nous appellent, que les rencontres, ces piments, n’ont lieu que dans le mouvement. Nous sommes ce qui arrive… »

  Caryl Férey pétille, bouge tout le temps, attire la sympathie comme une évidence et dégage en parlant, par la façon qu’il a de poser des questions ou de regarder, une générosité et une force au moins égale à celle de ses personnages. Né en 1967, breton et grand voyageur, il s’est imposé avec Haka et Utu (prix Sang d’Encre 2005, prix Michel Lebrun 2005 et prix SNCF du polar 2006) comme l’un des meilleurs espoirs désormais confirmé du thriller français.
 

Rencontre avec Caryl Férey

La Jambe gauche de Joe Strummer : le premier inédit en Folio Policier !
Utu : thriller en Nouvelle-Zélande !

 

Rencontre avec Caryl Férey
 

  Le voyage, le mouvement, semblent essentiels pour vous. Haka et Utu ont pour cadre la Nouvelle-Zélande et parlent des Maoris. Les deux autres, Plutôt crever et La Jambe gauche de Joe Strummer ont pour personnage Mc Cash, un flic borgne français d’origine irlandaise. Pourquoi ce besoin, ou ce choix, de sortir de l’hexagone, d’introduire un ailleurs ?

  Le mouvement, vous l'avez dit, mot-clé de l'existence. Je sais depuis Brel et le tour du monde que j'ai fait à 20 ans, que seul le chemin compte, jamais le résultat qui reste fuyant. Et puis j'aime voyager, rencontrer des gens. Il faut être curieux. Tout ce qui m'arrive, et qui dépasse de loin mes rêves d'adolescent, je le dois aux autres.

  Mc Cash, personnage excessif, taiseux, ravagé par ses émotions, est un
homme sans prénom, sans limites qui ne voit que d’un œil. Pourquoi
l’avoir fait borgne, à ce point dans l’excès ?

  J’ai un vieil ami rennais qui m'émeut depuis longtemps, avec son œil borgne et son nihilisme — une forme mal polie du désespoir. Le personnage de Mc Cash mourra avec lui. Pour qu'ils durent (...), je suis parti avec cet ami en Namibie et en Afrique du Sud, en repérage pour mon prochain livre. L'excès est un thème que je développe depuis longtemps. Le confort bourgeois me laisse de marbre. Le luxe, c'est le temps. Je crois vivre trois cents secondes par minute : tous mes moteurs, de Nietzsche aux icônes rock — Clash, Noir Désir — brûlent avec ce carburant qui fait le miracle de la vie.

  Quelle que soit la noirceur de ce que vous racontez, l’empathie n’est jamais loin. Vous semblez faire corps avec ce qu’endurent vos personnages. Est-ce conscient ?

  Le monde qui nous vient est inquiétant, les injustices et les révoltes forment le ferment des romans noirs en général. Ce n'est pas une raison pour renoncer au réel. J’ai la chance d'être entouré de gens exceptionnels qui justifient mon attachement à l'humain, le meilleur plutôt que le pire. Si mes personnages s'en prennent souvent plein la gueule, c'est ce qui nous arrive à tous quand on ouvre le journal, non ?

  Vous semblez faire tout particulièrement attention aux dialogues…

  Ils donnent la dynamique des personnages, leur personnalité ; je vis avec
eux pendant des années, jour et nuit. J'aime qu'ils réagissent, se parlent. Et puis, j'ai écrit pas mal de scénarios et beaucoup de pièces radiophoniques,
c'est un plaisir assez jubilatoire.

  La Jambe gauche de Joe Strummer est un hommage direct au groupe
mythique des Clash…

  Comme beaucoup de gens de ma génération, les premiers accords de « London calling » m'ont mis la tête à l'envers. J'ai grandi avec les textes de Strummer, son intransigeance et sa droiture morale. Un modèle d'éthique, jamais mis en défaut.

  N’est-ce pas parfois difficile lorsque l’on est un voyageur de se poser
pour écrire ?

  C'était ça ou la musique. Le fait de devoir rester assis six ou huit heures par jour pour écrire, même avec la musique à fond en ruminant la guitare électrique, me procure une irrépressible envie de bouger, voir les gens que j'aime, sortir. Un phénomène compensatoire, qui me convient bien. L'équilibre est fragile, comme dirait l'autre...

La Jambe gauche de Joe Strummer : le premier inédit en Folio Policier !
 

Il fallait une bonne raison pour se lancer dans l’aventure de l’inédit en format
de poche. Il fallait un auteur. Il fallait une histoire. Caryl Férey nous amène
le personnage qui emporte toutes les décisions.

  Mc Cash, l’homme sans prénom
  Mc Cash aime les Clash, a adoré les femmes, l’espoir et l’engagement, mais il se déteste, n’a plus d’illusions et se déchire à l’alcool, au reste, à tout ce qu’il trouve avant de repartir chaque matin, comme une ombre dévorée de colère, traquer ceux qui entravent sa route même s’il est le premier à savoir qu’il s’agit d’une impasse. Tant pis ! Il écrasera tout le monde sur le mur du fond et finira en beauté ou comme un chien, dans un nihilisme sans fard, percutant, dévastateur pour ce qu’il révèle autour de lui. Mc Cash est flic. Il a cinquante ans et ne les a pas vu venir. Sa carcasse dit toute une vie à encaisser des coups. D’origine irlandaise, proche de l’IRA dans une jeunesse plus que mouvementée, il a perdu un œil dans les combats, a épousé deux fois la même femme et porte un bandeau noir sur le visage comme une trace de sa différence. C’est une tête brûlée qui ne se soigne pas et terrorise ceux qui, sans le savoir, lui servent à avancer : un romantique de plus d’un mètre quatre-vingts avec la rage au cœur. Un homme de sentiments qui s’y refuse et se trimballe avec une arme et son passé vécu comme une fuite de soi-même. Un type sympa pour égayer les soirées. Ambiance garantie ! Surtout si le passé dépose devant sa porte une fillette de neuf ans, la sienne, mise en danger
de mort. Mc Cash, lorsque tombent les morts, redécouvre la peur et l’espoir
mêlés. Lui qui voulait en finir mesure de plein fouet la valeur d’une vie…

  Le style de Férey est nerveux, l’humour noir et Mc Cash, comme l’histoire, totalement imprévisibles…Vous n’imaginez pas la suite.

  « Caryl Férey, un style au scalpel. » (Ouest-France)

 
Utu : thriller en Nouvelle-Zélande !
 

  « Je pense que l’immobilité rend sourd aux grands souffles qui nous appellent, que les rencontres, ces piments, n’ont lieu que dans le mouvement. Nous sommes ce qui arrive… »
  Caryl Férey

  Un thriller chez les Maoris
  Prix du Polar SNCF 2005

  Le monde est immense et aucune enquête, jamais, ne ressemble à une autre. Chaque pays a ses mystères, chaque culture ses zones d’ombre. Il y a presque autant de façons de mourir, autant de raisons de tuer qu’il y a d’hommes sur terre... En Nouvelle-Zélande, au pays du utu, la vengeance, comme les gènes, se transmet dans le sang. D’origine maorie, homme impitoyable en désespoir stationnaire permanent depuis les disparitions inexpliquées de sa femme et de sa fille, le capitaine de police Jack Fitzgerald est à son tour porté manquant après avoir enquêté sur un serial killer particulièrement féroce qui ôtait les fémurs de ses victimes (lire Haka, Folio Policier n° 286). Il se serait suicidé mais son corps est introuvable. Son ancien bras droit, Osborne, n’y croit pas une seconde et revient d’Australie sur les traces de son ami. La terre ancestrale des Maories, laboratoire pour la planète du libéralisme total, est percutée de plein fouet par la désintégration sociale, culturelle et psychologique de ses habitants. Apparaissent des monstres. Une réalité glaçante se dessine. Osborne ne peut oublier que la Nouvelle-Zélande reste un pays de guerriers où le cannibalisme clôturait les batailles. Il ne peut ignorer que les bâtons traditionnels maniés par les sorciers sont taillés dans l’os humain… Il ne peut fermer les yeux sur les disparitions qui continuent… Utu est un véritable choc.

  « L’intrigue, violente, ficelée avec dextérité, et l’écriture, ciselée comme un coutelas, font de ce Utu un roman explosif : une autopsie radicale de l’enfer humain » (Martine Laval, Télérama)

 
 
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