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Connaissez-vous
beaucoup d'auteurs
à succès
qui mettent
aux enchères
les personnages
de leurs prochains
récits
? Ian Rankin,
numéro
un du thriller
en Grande-Bretagne,
l'a fait et
ce n'est pas
la première
fois ; une
Américaine
fortunée
qui avait
été
tentée
par l'immortalité
romanesque
s'est ainsi
retrouvée
dans l'un
de ses romans
dans la peau
d'une... prostituée.
L'anecdote
et la leçon
donnée,
hormis le
fait que la
dotation reçue
soit intégralement
reversée
à une
association
d'aide aux
handicapés,
en dit long
sur la forte
personnalité
de cet Écossais
né
en 1960. Ex-musicien
punk, ex-chauffeur
de taxi, docteur
en philosophie,
ancien collecteur
d'impôts,
viticulteur,
secrétaire
du Centre
national du
conte populaire
auquel il
a peut être
emprunté
ses facultés
de raconteur
d'histoires,
Ian Rankin,
a créé
le désormais
célèbre
inspecteur
John Rebus
en 1987. Comme
Varg Veum,
le privé
norvégien
de Staalesen,
dont la vie
personnelle
est saccagée
par la violence
des hommes,
Rebus est
l'archétype
même
du flic endurci,
bourru, à
chaque fois
touché
au cur
et incapable
« d'indifférence »
; une sorte
d'inadapté
social, d'indocile
qui se cuirasse,
enchaîné
à son
boulot pour
ce qu'il draine
de désespoir,
de drames
et de scènes
de crime dont
les images
se reflètent
indéfiniment,
le soir, sous
les paupières
closes. Intuitif,
adepte du
principe de
« comprendre
et ne pas
juger »,
il heurte
frontalement
la criminalité
urbaine d'Écosse
; celle de
la barbarie
moderne corrompue
prête
à donner
ses gamins
en pâture.
Dans L'Ombre
du tueur,
somptueux
roman d'enquête,
Rebus se heurte
aux exactions
sanglantes
d'un psychopathe
nommé
Johnny Bible.
Causes
mortelles
qui débute
par le festival
théâtral
d'Édimbourg
se poursuit
par la découverte
dans les couloirs
de la vieille
ville souterraine
d'un cadavre
d'un jeune
homme torturé
par l'IRA.
Dans Ainsi
saigne -t-il,
deux adolescents
soupçonnés
de l'enlèvement
de la fille
d'un maire
influent,
se suicide
du haut d'un
pont sous
les yeux horrifiés
de Rebus que
son enquête
conduit au
cur
de la machine
politique
écossaise
et de la raison
d'État.
Qualifié
de « Maître
du noir écossais »
par James
Ellroy, Ian
Rankin trame
des intrigues
denses où
l'impunité
du crime tutoie
parfois la
puissance
des nations.
Une écriture
brillante
pour des histoires
rôdées,
où
l'ironie se
mêle
à la
désillusion,
où
la résonance
sociale profonde
de John Rebus
souligne un
humanisme
qui ne dit
pas son nom.
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