Henry James

Époque : XIXe siècle

Henry James, écrivain américain – frère du philosophe William James –, est né à New York en 1843. Son enfance et son adolescence furent jalonnées par de longs périples familiaux sur le Vieux Continent. Grand voyageur lui-même, le jeune auteur poursuivit intensément cette tradition et finit par prendre, en 1875, la décision de vivre en Europe. Il s’installa à Londres en décembre 1876, au terme d’une année de vie parisienne qu’il jugea décevante. Il résidera en Angleterre jusqu'à la fin de ses jours. Très affecté, en 1914, par la déclaration de guerre et par la neutralité des Etats-Unis, il prend la décision de devenir citoyen britannique et prête serment d’allégeance à la Couronne en juillet 1915. Il s’éteint le 28 février 1916, à l’âge de 73 ans. Célibataire endurci, parfois sujet à de graves crises de dépression, il n’en demeura pas moins un fervent observateur de la scène sociale. Il connut presque tous les écrivains marquants de son époque, entre autres George Eliot, Zola, Flaubert, Maupassant, Tourgueniev, ou encore Joseph Conrad et Edith Wharton. Dans les dernières années de sa vie, il reçut chez lui certains des futurs chantres du Bloomsbury Group, dont E. M. Forster et Virginia Woolf. La double appartenance culturelle de l’expatrié généra une dynamique tout aussi existentielle que littéraire. La manière dont il sut concilier les canons du roman réaliste avec une esthétique novatrice fondée sur l’intériorité de la vie psychique lui confère une place unique dans l’histoire de la création romanesque.

Romancier, Henry James écrivit vingt romans (vingt-deux si l’on compte deux romans inachevés et publiés à titre posthume). Nouvelliste, il composa cent douze récits (cent treize en incluant un fragment resté longtemps ignoré, « Hugh Merrow »). Sans oublier sa production théâtrale – relativement mineure –  ainsi que les multiples articles critiques et essais théoriques, les récits de voyage, les écrits autobiographiques, les Carnets, l’abondante correspondance, et les préfaces rédigées pour les vingt-quatre volumes de « l’édition de New York » (1907-1909) de ses œuvres. Son roman le plus connu demeure Un portrait de femme (1881), qui donna lieu en 1996 à une excellente adaptation cinématographique de Jane Campion. Mentionnons aussi les trois fleurons appartenant à la période majeure de son œuvre, Les Ailes de la colombe (1902), Les Ambassadeurs (1903) et La Coupe d’or (1904). Le vaste corpus de ses nouvelles met en scène des comédies de mœurs tout autant que des histoires de fantôme – dont le célèbre « Tour d’écrou » – ainsi que de multiples récits où l’étrange et le familier s’interpénètrent en de subtiles explorations de l’inquiétude morale et métaphysique.

Dernière mise à jour : 23/02/2016
Dernières Parutions